dimanche, septembre 03, 2006

Hokowhuitu lagoon

Choses pamplemoussesques poussant près de chez moi.


Prêt du quartier résidentiel chic de Palmy se trouve le Hokowhuitu lagoon. Les plus belles propriétés et batisses sont placés au bord du petit bras de rivière qui passe là et qui sert accessoirement de résidence à une intéressante population de gallinacées. Le lieu est propice à la détente, mais aussi à la marche et au jogging de ces jeunes et moins jeunes kiwis, qui peuvent également exercer leur swing sur le golf tout à côté.


Villas sur le lagon.


Un petit coin paisible.


Et voici quelques-unes des bêbêtes qui nichent par là:


Sarcelle des Adamans
Grey teal
(
Anas Gibberifrons Gracilis)


Bernache du Canada (floue, toutes mes confuses)
Canada goose
(Branta Canadensis)


Canard Colvert
Mallard
(Anas Platyrhynchos)


Cygne noir
Black swan
(Cygnus atratus)


Et puis il y en a quelques autres, ainsi que des poissons, et la collection d'oiseaux bruyants habituels, dont les chants sont un émerveillement acoustique de tous les instants.



Mais n'oublions pas que la Nouvelle-Zélande est aussi un pays civilisé...

vendredi, septembre 01, 2006

Fitzherbert Avenue & autres...


Pour vous j'ai réussi l'exploit d'avoir un bout de la rangée de palmiers de l'autre côté de Fitzherbert Avenue, sans une voiture devant l'objectif!
A noter que ce pays est les sanctuaire des voitures les plus moches de la terre. Les plus vilaines Suzuki, Ford, Nissan et autre Honda, elles sont toutes ici!


jeudi, août 31, 2006

Au travail

Hé oui, je travaille. D'arrache pied même!

Le matin, levé à 7h, arrivé à Massey vers 8h30. Sur le chemin, je traverse (pas à la nage) la rivière Manawatu, qui donne aussi son nom à la région. Le paysage est agréable, (et disons de type relativement rural finalement), en particulier quand c'est ensoleillé. Ce n'est pas tant les constructions humaines que la végétation omniprésente qui est frappante. De nombreux arbres ont des feuilles et de grosses fleurs en abondance (nous sommes en hiver), c'est surprenant. Malheureusement aujourd'hui il ne faisait pas beau, le temps ne se prettait pas aux photos.

La fac n'est pas très grande, de même que la ville n'est pas très grande (un peu comme le pays qui n'est pas très grand non plus). Je la connais maintenant comme ma poche, depuis que Jonathan, un étudiant en master ma foi fort sympathique, m'en a fait découvrir la plus grande partie (il m'a surtout dit où je pouvais me nourrir...et oui, l'instinct de survie passe avant tout.).

Un petit bout de la rue qui fait le tour de l'université.

Direction la tea room à laquelle j'ai accès, histoire de prendre un ptit café pour bien démarrer. J'y croise tous les professeurs et les docteurs du coin. Quel concentré d'intelligence universitaire là-dedans! Question type dans la conversation : "do you speak greek?" "Ah oui tres bien mais jamais le mercredi".

Bon je me sauve vite, direction mon ptit labo de mécatro, où je me suis installé pour l'instant. Voici à quoi ressemble les lieux :

Avec au centre ma chaise, (avec moi dessus mais ce jour là j'étais en mode invisible...ah bas là je fais coucou, hein, mais bien sur on ne me voit pas) et à gauche mon pc et tout mon ptit matériel. Cette petite pièce est dans un labo plus grand, et qui abrite entre autres une grosse machine sur laquelle les dernieres années de mécatro s'acharnent à longueur de journée, sur fond de musique de type Offspring et Cie (qui va bien 3 minutes) pour le bonheur des mes oreilles ("sweet, coooool, gimi the fucking bracket", etc.). Enfin j'exagère les énèrgumènes sont sympas, au moins j'ai de la compagnie dans la journée, je peux discuter ("hello, I am Nicolas, shushushuene, not speak english, do you want a cup of tea? I am in ze bilouk...Georges Lucas?").

Au moment du repas, la cantine du campus offre différent choix : malbouffe habituelle (frites, hamburger etc.), sandwichs froids, ou chinois. Ce sera chinois! Au moins j'ai une grande variété de légumes (non non pas que du riz), de la viande, des nouilles, des fruits etc, le tout en quantité plus que suffisante (très copieux en fait) pour 6$ seulement (3€). Faut pas s'en priver. Bon je ne dis pas que je ne vais pas me lasser du chinois, mais en attendant c'est pas mal. Voila pour le menu.

Typiquement je passe ma journée effectivement devant mon pc, car pour l'instant je modélise entièrement le robot qui est né dans l'esprit fécond (en un mot) de mon tuteur. Mais après je vais devoir le fabriquer hmmmm. La semaine prochaine je devrais pouvoir commencer. "Oh la belle fraiseuse numérique! C'est pour moi utiliser? ohhh comme c'est gentil. Belle bête, hein! Y a un bouton ON? Ah ok hum". Je prendrai des photos dans la mesure du possible, car ce devrait-être un beau petit bébé, si il ne nait pas avec trop de malformations, auquel cas on devra le jeter discrètement au fond d'un puit.

Et puis le soir je repars, forcément. En passant, le panneau d'entrée du campus:

Non seulement il ne fait pas beau, mais en ce soir il fait froid.

dimanche, août 27, 2006

Palmerston North.


Situons dès maintenant où je me trouve.
Je ne suis ni à Wellington, la capitale, quoique j'y suis passé brièvement à mon arrivée. Je ne suis pas non plus à Auckland, tout au nord de l'île du nord, même si je dois y aller la semaine prochaine. Je ne suis pas plus à Christchurch.
Je suis à Palmerston North, ou Palmy, ville située au sud de l'île du nord.

Voici en exclusivité un pano 360° réalisé par mes soins du Square, LE centre ville. Attention l'image originale comporte un nombre de pixels égal à la distance entre le Soleil et Mars comptée en minutes lumière, soit environ 13 millions. Trop grosse pour être importée sur blog, elle vous est présentée ici en version réduite.


Cette place, à la forme quasi-parfaitement carrée, est entourée de tous les commerces nécessaires. Les banques, les McDo, les habits, les vidéos etc...

Canards au square.

La disposition stratégiquement centrale du square dans palmy en fait le centre géographique de la ville. C'est également le lieu de rencontre privilégié des canards de la région. Quatre avenues principales partent de chaque côté du carré; les autres rues sont organisées parallèlement ou perpendiculairement à ces avenues, sauf les rues propres à l'université.

A propos d'université, je suis donc en stage à Massey University, plus exactement au departement de mécatronique du Institute of Tecnology and Engineering.

Bienvenue à Massey University.

Mon projet est des plus simples : réaliser une machine à trier des trucs (truc est un terme technique bien connu : confidentialité oblige, je ne vais pas trop en dire).
Pour ce faire, la première mission qui m'est confiée est de faire marcher une PC104. Voici la vue de la vilaine carte en question, ainsi que du cable vidéo qu'un vilain étudiant a bien saboté et qu'il me faut refaire.

La PC104, sa carte VGA et ses connecteurs.

Le vilain câble vidéo.

Après une après-midi de travail acharné, mon diagnostic est sans appel : la carte est décédée...paix à son âme.
Je ne vais donc pas m'ennuyer pendant ce stage, mais je vais aussi visiter la région, et vous faire partager mes découvertes, en particulier la faune que j'espère avoir l'occasion de prendre en photos : kiwis, wetas geants, geckos etc.

Je vous dis donc à très bientôt.

vendredi, août 25, 2006

En route pour la Nouvelle Zélande

Le petit Boyscout prend l'avion...

Paris, CDG, Lundi 21/08 à 20h15 : l'avion pour Londres devrait décoller...il n'est toujours pas là.
21h15 : nous partons avec une heure de retard. L'embarquement n'en finit pas : on me demande d'allumer, éteindre puis rallumer mon ordinateur portable et mon téléphone. Et quand il faut expliquer que je ne PEUX PAS allumer mon disque dur externe parcequ'il se branche sur le secteur, ça devient marrant.

Terminal 2B à Roissy.

Londres : j'ai 30 minutes pour embarquer sur mon vol pour Sydney. Le temps de traverser l'aéroport le Londres Heathrow, de se gourrer de terminal, de remettre à sa place un anglais que mon affolement fait visiblement rire, me voilà à la bonne porte et au bon terminal, contemplant de l'autre côté de la vitre mon 747 qui attend toujours l'embarquement...nous partons encore avec un peu pres une heure de retard.

Je passe sur l'impossibilité absolue de dormir dans cette boîte de conserve. Avec le dossier du siege du type de devant dans le nez, ce n'est même pas agréable de regarder la TV.

Petite surprise : nous faisons escale à Singapour. 40 min en transit, pas le temps de voir grand chose, juste un ptit tour par le duty free.

Le 747 de la British Airways, en escale à Singapour.

Arrivée à Sydney : 5h du matin heure locale. J'ai gagné le concours de Geminy Crocket : j'ai été tiré au sort pour un contrôle anti-explosifs. "Vous avez truqué le concours? Ouiiii!". On me frotte avec la petite brosse et on analyse les poussières. C'est bon, je peux passer. Les duty free ouvrent, je n'achete pas de peluche de koala, de drapeau australien ou encore de boomerang en vrai faux bois pour touriste.


Le rayon tabac du duty free de Sydney.

9h10 : départ pour Wellington. A bord du petit 737, devinez quoi : je n'arrive pas à dormir!

Arrivée à Wellington à 14h30 heure locale. THE surprise : baggages perdus à Sydney...
J'attrape un bus qui me conduit jusqu'à la gare. Là j'attends mon train pour Palmerston North au café du coin, où les gentlemens néo-zélandais à casquette à carreaux viennent parier sur le sport. Je me gèle, il fait 11 ou 12°C dehors, je suis en chemise et veste.

Le bar de la gare. On y sert un expresso correct.

Les 2h de train sont longues, j'ai de plus en plus froid! J'arrive à Palmerston North, et le seul taxi restant m'amène jusque chez moi. Massud, de son nom, me demande (à prononcer avec un fort accent indien) "Hey, you are student? Study at Massey?" Moui voila oui. "The place you show me : lots of student home there. Close to university!" Ah cool. Mais je le savais déjà. Enfin tres sympa ce taxi. Un peu comme les taxis parisiens. Ah non. "What's your name?" Là bien sur je lui file un faux nom, on sait jamais : "I'm Korben". "Welcome in New Zealand, Korben!".

La charmante Stephanie m'ouvre la porte. Ma "vraie" chambre se libère ce WE. En attendant je suis donc dans une petite chambre. J'ai une pensée pour Will qui disait qu'il avait froid en Australie en hiver parceque c'était pas chauffé...j'ai vraiment très froid! Mais je m'endore comme une masse malgré tout.

J'étais le lundi 21 à 17h à CDG, je me suis couché le mercredi 23 à 7h du matin heure française. Quelle idée d'aller aussi loin : 19800 km de la France, ce qui fait que je suis juste à 200km du bout du monde.

jeudi, juillet 13, 2006

Semaine de fou, soleil de minuit






Je fais tres vite, je profite du réseau wifi de Martin :
Soleil de minuit, kilomètres, warmepølser, statoil, opel astra mette-maritt, Martin et Regina, Nord Norge, Mo i rana, Trondheim, hytter, Glomfjord, Ørnes, hospitalité en Norvège du nord, Défaite de la France, Peppes pizza de l'aéroport d'Oslo, Ferrys, îles, routes limitées à 80, 3000 bornes, Kubb, indiaca, fjords, neige, glacier Svartisen, etc etc...
semaine de fou.

jeudi, juillet 06, 2006

Un peu (beaucoup) d'histoire.

Je risque de faire fuir quelques lecteurs, mais si tu as un peu de courage, tu vas voir ça vaut le coup. A moins bien sur que tu connaisses déjà cette histoire. C'est mieux qu'un Tom Clancy (Je risque là de m'attirer les foudres de Gyls...bon ok, j'ai jamais pu lire un Clancy jusqu'au bout, à part Octobre Rouge bien sur).

Chapitre 1 : En route vers le Rjukan.

Allons-y, remontons le temps jusqu'à une période qui n'a toujours pas livré tous ses secrets: la deuxième guerre mondiale ("encore?", te dis-tu. Je sais, mais lis la suite quand même).
Le 9 avril 1940, un pays qui avait réussi à rester neutre depuis 125 ans est envahi par l'allemagne. Pas de bol. Ce pays est bien sur : l'Uruguay. Non, c'est la Norvège, bien vu. Quel boute-en-train je fais.

L'invasion allemande en fanfare.
Et ces coquins casqués et cruci-gammés se dépèchent de filer dans le Telemark, qui non seulement est le berceau du ski ("Schhhwwwssssshh"), mais qui en plus abrite un site d'intérêt industriel (et militaire du coup) à l'époque : la centrale de Vemork, propriété de la société Norsk Hydro...

L'usine de Vemork, dans un pur style Red Alert.
Mais qu'est-ce qui se cache dans cette usine, à l'abri des montagnes du Rjukan, qui peut intéresser à ce point les nazis?
Et bien cette usine produit de l'electricité, en utilisant la force motrice des chutes d'eau pure et claire qui coule de la montagne. En fait, cette usine est à l'époque la plus grosse centrale productrice d'électricité au monde. Mais alors les allemands veulent utiliser l'électricité? Mais non, tu as raison, ça n'a pas de sens. Pourquoi aller jusqu'en Norvège, pays neutre qui-plus-est, pour de l'électricité?...

Chapitre 2 : Le mystère résolu.

Voici ce qu'il faut savoir: l'entreprise Norsk Hydro produit de l'électricité. Mais son activité première est la production d'engrais. Et pour faire des engrais, il faut de l'hydrogène, qu'Hydro extrait de l'eau (H20. hou, ça va, niveau chimie, jusque là? moi je vais bientôt décrocher). Ahh je sens que tu te doutes de quelquechose. Attends c'est pas fini. Pour extraire l'hydrogène de l'eau, il suffit de faire passer un courant électrique dans l'eau (après l'avoir rendue conductrice en y ajoutant un petit supplément bonus, du Calgon... "les usine de production d'hydrogène durent plus longtemps avec Cal-gon!"-air connu. Mais non pas du Calgon, mais on verra ça plus tard dans l'histoire).

Quelques années avant la guerre, les scientifiques à longue barbe, à blouse négligée et peignant leurs équations à-même les murs et le sol (de vrais scientifiques, quoi) firent une découverte palpitante (du point de vue de ces mêmes scientifiques): un nouveau genre d'atome d'hydrogène, dont le noyau contient un neutron de plus que celui de l'hydrogene classique qu'on peut trouver dans toutes les bonnes épiceries. Ce neutron supplémentaire rend cet atome plus lourd, c'est logique. Il s'appelle...le deutérium, tout à fait. Tu as quand même quelques restes de tes études je vois. Matlab et Denhavit-Hartenberg n'ont pas effectivement tout effacé ça va de soi de ta mémoire. Bref, combiné à de l'oxygène, ce filou de deutérium donne un nouveau type d'eau : l'eau lourde. Tin tin tin tinnnnn!

Aha, on se rapproche! Courage. L'eau lourde existe à l'état naturel dans l'eau, dans des proportions de l'ordre de 0,01%, ce qui est bien mais pas top. Hors, un des effets "secondaires" de la production d'hydrogène à partir de l'eau est que l'eau lourde est beaucoup moins consommée par la réaction que l'eau "légère". Du coup, en répétant le processus, on peut finalement obtenir une eau avec une concentration en eau lourde supérieure, voir de l'eau lourde pur, mais là faut vraiment beaucoup répéter. Et c'est ce que faisait Hydro, qui expédiait son eau lourde à divers autres scientifiques du monde entier afin qu'ils puissent l'étudier.

Une éprouvette de deutérium Hydro à une concentration massique de 99,76%. (tenue par la main d'un vrai scientifique!)

Car à l'époque, on ne savait pas vraiment ce qu'on pouvait en faire, même si certains avaient un peu d'avance sur la question...(oui j'introduis ici une notion de mystère, afin de créer un suspense insoutenable. D'ailleurs je n'en peux plus, c'est insoutenable, je vais me jeter par la fenêtre. Adieu!)

Bon je n'ai pas eu le courage par la fenêtre de me jeter. Je continue donc mon histoire. Le mystère pour les norvégiens à l'époque est: pourquoi cet engouement des allemands pour l'eau lourde? Dès leur prise de contrôle de l'usine, ils la placent sous une garde renforcée et font doubler la production d'eau lourde. Mais ce mystère n'en est pas un pour les alliés, qui mennent évidemment de leur côté des recherches ... nucléaires! Ahh ha ha ha! Car oui, l'eau lourde peut être utilisée comme modérateur dans des réacteurs nucléaires à fission utilisant de l'uranium naturel. C'est à dire qu'elle ralentit les neutrons issus de la fission. Il parait que c'est mieux avec que sans... Si vous avez de l'uranium enrichi, alors de l'eau normale peut suffir. Mais à l'époque, j'imagine que nos épiceries n'en avait pas encore en rayon.

L'eau lourde est donc un ingrédient indispensable à l'exploitation d'un réacteur nucléaire. Et qui dit recherche nucléaire dit bombe nucléaire. Et là ça fait tout de suite plus peur. Et si les allemands avaient un équivalent du projet Manhattan? Imaginez les nazis avec la puissance de feu d'une bombe atomique...ça a de quoi inquiéter. Donc l'intérêt des allemands pour l'eau lourde est allarmant. Les convois d'eau lourde partent pour l'allemagne, et bien que ne connaissant pas les motivations finales du Reich, des norvégiens travaillant au site de Vemork, inquiets, commencent la résistance et préviennent Londre.


Chapitre 3 : Les alliés allarmés.

Les services de renseignement étaient semble-t-il peu au courant des recherches en Allemagne. Mais cette production d'eau lourde à elle-seule était suffisante pour alarmer les alliés. Aussi l'arrêt de cette production devint une priorité. Et s'ensuivit une série d'opérations déstinées à contrer les plans allemands et mettre l'usine de Vemork kaputt.


"Ach ! Meine schweres Wasser Fabrik ist kaputt! Scheisse Norwegern!", comme dira l'autre quelques année plus tard. Mais pas encore.





Ce sont 4 opérations qui vont se succéder, pour être exact, jusqu'à la fin de la guerre, pour essayer de mettre fin à cette vilaine farce des allemands.

-Novembre 1942 : un commando de paras britaniques est envoyé en planeurs au dessus de l'usine. Entre le planeur qui s'est écrasé et les survivants qui ont été tués rapidement, il n'est resté de cette opération qu'une défense renforcée de l'usine. C'est malin.

-Février 43 : opération la plus spéctaculaire peut-être, à laquelle le film Les héros du Telemark a rendu hommage. Des paras norvégiens, largués dans la forêt, vont survivre pendant des semaines en se nourissant de ce que leur prodigue la nature (du renne cru, en gros), puis escalader des parois rocheuses, traverser un champ de mine, infiltrer l'usine sans être vu, placer des charges explosives et repartir. Et ce également grâce à l'aide de complices à l'intérieur de l'usine, qui en avaient fourni les plans. Ce fut un sérieux coup porté à l'usine, mais malgré cela l'usine est peu à peu reconstruite, et la production, quoique très ralentie, est relancée. Fichtre! Cela dit c'est quand même plus class que ce qu'ont fait les britanniques. Oh on plaisante, c'est vieux, quand-même! Tu ne vas te braquer pour si peu!

-Novembre 43 : face à la reprise de la production d'eau lourde, l'usine est bombardée. Protégée par les montagnes alentours, l'usine n'est que peu amochée. De nombreuses pertes civiles sont à déplorer. On dirait un bombardement américain de nos jours. Hum. Oh écoute il faut bien admettre qu'ils tirent n'importe-où n'importe-comment, non? Allez calme-toi et écoute la fin de l'histoire.

-Février 44 : l'angoisse monte. Une énorme cargaison de tonneaux d'eau lourde doit partir pour l'Allemagne à bord du Hydro (ça s'invente pas). Ce dernier est à quai au bord du lac Tinn. Deux des paras restés depuis l'opération de 43 sont chargés de faire sauter le bateau et d'envoyer sa cargaison au fond du lac. L'opération est lancée, mais les saboteurs ne doivent tromper qu'une très faible surveillance. Le bateau part avec un peu de retard, quelques civils sont à bord, certains périront au fond de l'eau quand le bateau sombrera, quelques minutes plus tard.

Mais un doute subsiste: pourquoi si peu de résistance? Pourquoi si peu de garde pour cette cargaison à priori si importante? Les allemands auraient-ils leurés les alliés, même si la fin de la guerre ne leur a pas laissé le temps de finir leurs recherches? Et si ces bidons ne contenaient pas d'eau lourde? C'est ce qu'une équipe de fous d'histoire et de spécialistes ont voulu savoir.

Bon je fais une petite pause. Ca t'intéresse un peu, quand même? bon.

Chapitre 4 : Le Hydro repose au fond du lac Tinn.

Avec les moyens modernes du 21è siècle, nos joyeux compères ont retrouvé le Hydro au fond du lac Tinn. Voici ce que le robot sous-marin explorateur a vu lors de son exploration, piloté par les doigts habiles d'un placide norvégien depuis la surface du lac:

Un H sur la coque: c'est bien le Hydro qui gît là.
Une veille lanterne.
Le pont.
Le but de la recherche est maintenant des bidons contenant potentiellement de l'eau lourde. Il est nécessaire de trouver un bidon intact, que la rouille, l'explosion et la coulaison (enfin le coulasionement, le coulisme) du bateau n'ont pas exposé à l'eau du lac. Après avoir fait le tour du bateau, ils trouvent finalement quelques éléments bien conservés:

Le tonneau est arraché au sol du lac.
L'histoire refait surface. Le tonneau n°26, comme le laisse voir la peinture encore visible, va bientôt livrer ses secrets.

Chapitre 5 : Révélation.

Le but est maintenant de vérifier qu'il s'agit bien de la fameuse eau lourde que les allemands voulaient récupérer. Si ce n'est pas de l'eau lourde, alors ce sabotage, malgré l'héroïsme de ses auteurs, perdra un peu de son sens. Les doutes sont permis: le bateau n'était pas gardé.

Avant de tester cette eau lourde, il faut s'assurer que l'eau n'a pas été contaminée par celle du lac. Un moyen très simple, et je reviens du coup au fameux additif utilisé dans la réaction. Afin de rendre l'eau conductrice y est ajouté de l'hydroxyde de potassium. Ce qui rend l'eau basique. Très basique : pH=14. Hors un test du pH de l'eau du lac indique 9. Donc si l'eau dans les tonneaux à un pH de 14, elle est intacte. Résultat du test : pH=14. Les tests suivant seront tout aussi concordant: les concentration correspondent même à celle inscrites dans les registres originaux.

Mais un doute subsiste encore: la quantité d'eau lourde, étant données les concentrations, ne correspond pas à un programme de grande échelle. Et en effet, après la victoire sur l'Allemagne, les alliés trouveront un centre de recherche qui abritait bien de l'équipement nucléaire, mais seulement un petit réacteur, rien qui laisse penser à une bombe atomique. Reste l'héroisme des saboteurs, et le spéctaculaire des opérations dont la centrale de Vemork fut la scène.

J'espère que c'était pas trop long, moi j'ai trouvé ça passionant. ;-)
Allez A+

PS : les données historiques et scientifiques ainsi que les images sont issues de recherches sur internet et d'un documentaire diffusé sur la chaine National Geographic, concernant la recherche de l'épave du Hydro et de l'analyse de son chargement. Si d'énormes anomalies scientifiques, historiques et orthographiques sont présentes dans ces lignes, parlez maintenant (ou taisez-vous à jamais).